Bulletin D'information Electronique

 


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L'Intretien du Général avec les Scolastiques de L'ITCJ
17 avril 2009

Le très révérend Père Général de la Compagnie de Jésus, Adolfo Nicolás, a rencontré les scolastiques de l’Institut de Théologie de la Compagnie de Jésus le vendredi 17 avril.

Le mot de bienvenue du modérateur

Dans son mot de bienvenue, le modérateur de la communauté, le scolastique Valère Nkouaya (AOC), a tout d’abord relevé la joie qui habite tous les compagnons d’accueillir le Père Général au sein du théologat. Il a ensuite souligné la détermination des scolastiques à se laisser former, conscients de la nécessité d’une formation théologique contextualisée. Avant de donner la parole à l’hôte du jour, le modérateur a évoqué l’engagement des scolastiques dans divers apostolats grâce auxquels la Compagnie de Jésus se fait davantage connaitre.

L’intervention du Père Général

Le Père Général Adolfo Nicolás a commencé son intervention en invitant les scolastiques à se sentir libres dans cet échange. En effet, il place son voyage sous le signe de l’apprentissage de l’Afrique qu’il ne connait pas encore. Les objectifs de la C.G. 35 et les défis actuels de la Compagnie ont nourri l’essentiel de l’entretien qui a duré 90 minutes.

Sur la C.G. 35, le 29ème successeur de St Ignace a relevé la nécessité qui l’habite avec ses collaborateurs de travailler avec promptitude à répondre aux cinq priorités qui marquent la vie de la Compagnie.

La première préoccupation a trait à la vie spirituelle. Elle constitue la source de toute inspiration dans les divers engagements de la Compagnie.

La deuxième question est relative à la mission même de la Compagnie de Jésus. Pour le Père Général, il y a à ce niveau un grand besoin de planification qui prenne en compte les enjeux socio-économiques du monde dont la crise économique actuelle. Pour ce faire, il encourage les provinciaux à former les nôtres aux sciences humaines et sociales notamment l’anthropologie, la sociologie, la psychologie, l’économie, la comptabilité, le leadership…

La troisième priorité s’avère la collaboration avec les non jésuites. Délicat et difficile mais combien importante, la collaboration avec les autres supplée à l’insuffisance de la présence jésuite dans nos œuvres.

La quatrième question concerne la réforme de l’administration de la curie dans l’objectif d’une meilleure prise en compte des problèmes du monde actuel.

Quand à la cinquième préoccupation, elle est axée sur la formation, clé du futur et priorité des priorités dans la Compagnie. En effet, souligne le Père Général, «ce que nous recevons dans la formation est ce que nous serons dans l’apostolat». Sur cette question, les documents produits sous le généralat du Père Kolvenbach sont riches et méritent d’être exploités à fond. Au regard des attentes de l’Église qui espère beaucoup de la Compagnie, les jésuites doivent se former au leadership qui fait partie de la tradition de l’excellence.

Réponses aux questions des scolastiques

En réponse aux questions qui lui sont posées sur sa propre expérience de la Compagnie, le Père Général s’est montré très ouvert. Entré au noviciat à 17 ans après l’école secondaire, c’est durant ses études de philosophie que le Père Adolfo Nicolás a approfondi ses connaissances de la Compagnie par l’étude des lettres de Saint Ignace. L’étape de la théologie qu’il a effectuée au Japon a aussi été très décisive pour lui. Il est appelé à la fin de ses études à Rome pour être professeur de théologie systématique à l'Université Sophia de Tokyo, au Japon. Il sera ensuite directeur de l’Institut de pastoral de Manille aux Philippines avant d’être recteur du scolasticat de Tokyo, puis provincial du Japon. Après cette dernière mission, il travaille pendant trois ans auprès d’immigrants pauvres dans une paroisse de Tokyo. Puis il est de nouveau rappelé à l’administration pour être modérateur de la Conférence des provinciaux jésuites de l'Asie Orientale et de l'Océanie. En somme, l’expérience nippone a fortement marqué le Père Adolfo Nicolás, qui entend gouverner la Compagnie dans un esprit d’équipe et de collaboration harmonieuse.

Pour répondre au défi de l’universalité et de l’esprit missionnaire dans la Compagnie, le Père Général encourage les provinciaux à la collaboration internationale, dans un esprit de discernement de leurs besoins respectifs. Face à la décroissance des vocations dans la Compagnie, il souligne la nécessité de la collaboration avec les laïcs formés à l’esprit de nos constitutions. Toutefois, la promotion des vocations de qualité doit être la mission de tous les jésuites. À propos des programmes d’enseignement dans les scolasticats africains, le Père Général a relevé qu’il faut une réforme du contenu de l’enseignement de la philosophie et de la théologie pour une meilleure adaptation à l’Afrique et surtout pour une meilleure communication avec nos contemporains. En outre, il reconnait qu’il y a effectivement des difficultés pédagogiques dans la transmission du savoir dans nos institutions jésuites en général. Il encourage les provinciaux à mettre à la disposition des philosophats et des théologats des professeurs compétents et dévoués.

Sur la question des degrés dans la Compagnie, le Père Général a rappelé que lors de la dernière congrégation générale, le pape Bénoit XVI a voulu que la présente formule soit maintenue. Cependant, fait-il remarquer, être profès appelé aux 4 vœux relève d’une vocation à la disponibilité et d’une capacité de profondeur à servir l’Eglise et non d’un problème académique ou de spécialité.
Se refusant toute comparaison avec ses prédécesseurs, les Pères Généraux Arrupe et Kolvenbach, le Père Nicolás affirme: «on ne peut imiter les autres. Chacun est ce qu’il est. Je suis ce que je serai».

À l’instar des disciples d’Emmaüs, les scolastiques théologiens de l’ITCJ s’exclameraient: «Notre cœur n’était-il pas tout brûlant au-dedans de nous, quand il nous parlait en chemin, quand il nous expliquait les Écritures?» (Lc 24, 32).

Barwendé Médard Sané, S.J. (AOC)

Visite à Abidjan
18 avril 2009

Avant de quitter le Théologat (ITCJ), la communauté a demandé au Père Général de planter un arbre, un flamboyant, comme signe et symbole de sa première et inoubliable visite en Afrique. Le Père Général a répondu avec humour: «Donnez-moi les nouvelles de cet arbre dans les lettres Ex officio que vous m’écrirez»!

La dernière matinée à l'Abidjan a été dédiée à la rencontre (90 mn) avec les communautés de spiritualité ignacienne: chacun de ces groupes (MEJ, CVX, Groupe ignacien, Chemin Neuf, Communauté apostolique Saint François Xavier, La Xavière, les mamans de la Chapelle Saint François Xavier) s'est présenté en mentionnant ses activités et ses espoirs.

Le Père Général s’est senti à l’aise avec ces groupes qui parlent le même langage, vivent de la même spiritualité et tâchent de la communiquer aux autres. Il a répondu à leurs présentations, en les encourageant à continuer le chemin initié, malgré les difficultés, et en cherchant toujours à être créateurs et transformateurs dans le monde d'aujourd'hui.

On a profité du temps de pause pour prendre les photos souvenir. Puis a suivi l’eucharistie présidée par le P. Jean-Roger Ndombi, Assistant pour l'Afrique. Le Père Général a prononcé l’homélie et donné la bénédiction finale.

Une réception nous attendait hors de la chapelle. C’était un moment de grande joie et fraternité avant de nous séparer avec nostalgie. Puis, la communauté Saint François Xavier nous a offert un bon repas avant de nous conduire à l’aéroport pour le voyage d’Accra, la capitale du Ghana.

Au bout d’une heure de vol, nous sommes arrivés à Accra où nous attendaient les pères George Quickley, Provincial de l'Afrique du Nord Ouest, et John Ghansah, Supérieur de la communauté de Cape Coast.

À la paroisse Saint Anthony où nous sommes logés, l'accueil a été chaleureuse et fraternelle…

Jean-Roger Ndombi, S.J.

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